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Par Carenews INFO - Publié le 16 février 2026 - 10:00 - Mise à jour le 16 février 2026 - 10:52 - Ecrit par : Léanna Voegeli
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Éducation populaire : les associations en grande difficulté

Les associations employeuses de l’éducation populaire sont dans une situation financière particulièrement fragile, alerte Hexopée, le syndicat professionnel de ce secteur. Son baromètre annuel, publié depuis 2021, met en évidence aussi bien des difficultés de trésorerie qu’un décalage croissant entre les besoins de terrain et les financements perçus.

Hexopée publie chaque année son baromètre sur la situation des associations de l'éducation populaire. L'organisme déplore les grandes difficultés auxquelles elles font face. Crédit : iStock
Hexopée publie chaque année son baromètre sur la situation des associations de l'éducation populaire. L'organisme déplore les grandes difficultés auxquelles elles font face. Crédit : iStock

 

 

Les associations d’éducation populaire « font face à des difficultés financières, humaines et structurelles sans précédent, mettant en péril leur mission d’intérêt général et la cohésion sociale », alerte Hexopée, le syndicat professionnel des employeurs de ce secteur. Celui-ci vient de rendre public son baromètre, réalisé en partenariat avec Recherches et solidarités, qui mesure tous les ans la situation des organisations employeuses de l’éducation populaire et des secteurs proches (culture, sport, animation, tourisme social etc.). L’enquête a été menée entre le 17 novembre et le 7 janvier auprès de 1393 adhérents employeurs d’Hexopée. 

« Année après année nos baromètres démontrent que les difficultés s’aggravent et s’enkystent. Les associations de l’éducation populaire, pilier de la cohésion sociale et territoriale sont aujourd’hui prises en étau entre la baisse des financements publics et la nécessité de répondre à des besoins sociaux toujours plus importants », commente David Cluzeau, délégué général d’Hexopée. 

 

Des réductions d’effectifs dans 28 % des structures  

 

Ainsi, 28 % des associations employeuses de l’éducation populaire ont réduit leur masse salariale en 2025, une hausse de 8 points par rapport à 2024. Parmi les leviers utilisés pour réduire leurs effectifs, 57 % des structures indiquent ne pas avoir remplacé des départs définitifs de salariés (retraites, fin de CDD, apprentissages) et 14 % des départs temporaires (maternité, maladie). 19 % ont été contraintes de licencier des salariés pour motif économique. 10 % ont retardé des recrutements pourtant nécessaires.  

16 % des structures interrogées ont également réduit ou suspendu certaines de leurs activités, en hausse de 3 points par rapport à 2024 et de 14 points par rapport à 2023. 

La situation financière des structures se dégrade. 48 % des structures anticipent ainsi un déficit d’exploitation pour 2025. 31 % voient également leurs ressources nettement inférieures à ce qu’elles avaient prévu initialement, contre 27 % en 2024, « signe d’un déséquilibre croissant entre besoins et financements », selon Hexopée. 

31 % des répondants disposent par ailleurs de moins de trois mois de trésorerie, contre 23 % en 2022. Parmi eux, 5 % n’en ont pas du tout. Seuls 26 % des sondés disposent d’une trésorerie couvrant plus de 6 mois de dépenses.  

56 % des structures interrogées ont pu maintenir leurs investissements en 2025, contre 62 % en 2022. En revanche, 15 % déclarent avoir renoncé à des investissements considérés comme « essentiels », contre 9 % en 2022. Cela compromet « leur capacité à moderniser leurs infrastructures et à répondre aux attentes des publics. Au-delà des tensions sur la trésorerie, le manque d’investissement dans l’avenir risque de conduire des associations à ne plus être en mesure de mener leur activité de manière matériellement convenable », alerte Hexopée. 

 

 Des difficultés de recrutement  

 

Le baromètre souligne également des difficultés en matière d’emploi et de ressources humaines. 49 % des structures citent un manque de moyens financiers pour maintenir les effectifs, 39 % des difficultés de recrutement sur certains profils. Parmi les postes les plus difficiles à recruter, 59 % des associations citent les saisonniers (permanents ou temporaires), 25 % les fonctions de coordination (projets, équipes, services) et 16 % les fonctions administratives (accueil, comptabilité, secrétariat). Les auteurs de l’étude attribuent ces tensions « à un manque d’attractivité et à un fort turn-over : temps partiel, niveaux de salaire, statuts fragiles, dépendance aux financements... »  

Pour 11 % des organismes, ces problèmes de recrutements ont eu un « impact majeur » sur leurs activités. Pour y répondre, 88 % des structures ont mis en place « des actions spécifiques », comme un meilleur accompagnement des candidats ou des nouvelles recrues (31 %), une amélioration des rémunérations ou des avantages sociaux (31 %) mais aussi des formations internes pour les nouvelles recrues (28 %). Une nouvelle organisation de la gestion RH (fiches de postes, suivi des entretiens...) et des horaires de travail plus flexibles sont respectivement cités par 23 % et 22 % des organisations. 

 

Vers une conférence des financeurs de l’éducation populaire ?  

 

Pour Hexopée, « les résultats du baromètre 2025-2026 confirment l’aggravation des difficultés déjà pointées l’an passé. La baisse des financements publics se poursuit, en particulier sous l’effet des décisions budgétaires votées au Parlement et portées par le gouvernement. Le recul des soutiens publics est constant depuis 2022, contraignant les associations à puiser dans leurs fonds propres ou à augmenter leurs tarifs, au risque d’exclure les publics les plus précaires. » 

L’organisation demande donc la convocation immédiate d’une conférence des financeurs de l’éducation populaire, une sanctuarisation des financements publics, nationaux comme locaux, indexé sur l’inflation et les besoins réels des structures, ainsi qu’un soutien spécifique visant à rendre plus compétitif l’emploi associatif, en particulier par « une refonte en profondeur de la taxe sur les salaires .»  

 

Léanna Voegeli  

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