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Par RÉSEAU MOM'ARTRE - Publié le 3 avril 2026 - 11:59 - Mise à jour le 3 avril 2026 - 12:04
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Vacances créatives : quand les enfants fabriquent des machines à dessiner à Môm'Pelleport

Un épilateur usagé, une chambre à air de vélo, deux stylos et une pince à linge. De ces matériaux improbables, les enfants ont fabriqué, lors des vacances créatives d'hiver à Môm'Pelleport, des machines capables de dessiner seules. Encadrés par Yann Bernard, artiste-artisan, ils se sont initiés à une disclipline assez complexe : la robotique.

Donner une seconde vie aux objets

Du 23 au 27 février, pendant les vacances créatives d'hiver, les enfants de Môm'Pelleport ont eu l'occasion de participer à des activités artistiques tout en abordant thématiques citoyennes. Parmi ces ateliers, la construction de "robots qui dessinent"  les a occupé deux heures par jour pendant toute la semaine. Un rythme pensé pour intégrer une phase de démontage, souvent mise de côté.

Le fonctionnement de ces machines, purement physique, ne requiert aucune programmation numérique. Il relève davantage de l'art cinétique que de la robotique au sens strict. Pour les concevoir, Yann Bernard, récupère des Déchets d'Équipements Électriques et Électroniques (DEEE), vieilles imprimantes, brosses à dents électriques ou encore épilateurs afin d'en extraire les moteurs. L'idée : donner une nouvelle fonction à des objets que l'on aurait jetés. "On peut recycler et créer beaucoup de choses avec des objets cassés ou qu'on n'utilise plus", résume-t-il

Démonter, assembler, recommencer

Tout commence par le démontage. Armés de tournevis et de curiosité, les enfants ouvrent les appareils pour en extraire le moteur. Une étape qui a visiblement ravi tout le monde. "J'ai trouvé ça trop drôle", lance une participante en riant. Pour plusieurs de ses camarades, c'était clairement leur moment préféré de la semaine.

Ensuite, vient l'assemblage. La base de la machine est construite avec un boîtier à piles entouré de morceaux de chambre à air de vélo, sur lequel on fixe le moteur et des pinces à linge tenant deux stylos. Le secret du mouvement, lui, tient à peu de choses : un domino électrique et un fil tordu, fixés sur l'axe du moteur pour créer un déséquilibre. Quand le moteur démarre, les vibrations propulsent la machine dans tous les sens, traçant lignes et points au hasard de ses trajectoires.

Le résultat laisse les enfants parfois déconcertés mais amusés : "ça m'a fait rigoler quand ma machine a commencé à démarrer. Je me suis dit : qu'est-ce qu'elle fait ?" raconte une des participantes.

Projet Machines à dessiner

Apprendre à échouer et recommencer

Derrière l'amusement, l'atelier poursuit des objectifs pédagogiques clairs. Le premier réflexe d'un enfant face à un objet, rappelle Yann Bernard, c'est souvent de le casser. Ici, il s'agit au contraire de lui apprendre une "méthodologie de recherche" : comprendre comment un objet est construit avant de le démonter, sans forcer ni taper.

L'atelier est aussi conçu pour être difficile. "Parfois la machine ne marchait pas et c'était énervant", reconnaît l'un des enfants. Une frustration que l'artiste considère normale : selon lui, elle est positive, parce qu'elle "génère des envies de réessayer plus tard avec les bonnes clés". Ce qui compte pour l'artiste, c'est l'équilibre entre réussite et échec et la capacité à continuer malgré les ratés.Les enfants l'ont compris à leurs dépens.

Cet atelier leur aura appris bien plus que la robotique : la cooperation, la patience et l'acceptation de l'imprévu. Un moyen de montrer que la création artistique peut être un formidable levier d'apprentissage, où chacun apporte son regard, son rythme.

 

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