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Par Carenews INFO - Publié le 11 mars 2026 - 08:00 - Mise à jour le 11 mars 2026 - 08:00 - Ecrit par : Elisabeth Crépin-Leblond
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Une pétition pour ouvrir les JOP 2030 aux sportifs en situation de handicap mental

Aucun sportif en situation de handicap mental, psychique ou présentant des troubles du spectre de l’autisme n’a pu participer aux Jeux paralympiques d’hiver depuis l’unique édition de 1998. Dénonçant une exclusion injustifiée, Malakoff Humanis et la Fédération française du sport adapté demandent une évolution pour les Alpes 2030.

La seule édition des jeux paralympiques d'hiver avec des athlètes en situation de handicap mental et psychique a eu lieu à Nagano en 1998. Crédit : iStock / sportpoint
La seule édition des jeux paralympiques d'hiver avec des athlètes en situation de handicap mental et psychique a eu lieu à Nagano en 1998. Crédit : iStock / sportpoint

 

Para ski alpin, snowboard, ski de fond, biathlon… Les Jeux paralympiques d’hiver dans les Alpes françaises, prévus du 1er au 10 mars 2030, incluront six disciplines. Aucune d’entre elles n’est ouverte aux sportifs en situation de handicap mental, psychique ou présentant des troubles du spectre de l’autisme.  

« Une exclusion silencieuse, persistante et aujourd’hui injustifiable », dénoncent la Fédération française du sport adapté et le groupe de protection sociale Malakoff Humanis, dans un communiqué de presse commun. Les deux structures souhaitent mobiliser l’opinion publique sur ce sujet à travers une campagne baptisée #Jeux2030Inclusifs. Une pétition à destination des instances organisatrices nationales et internationales a été ouverte. 

  

Une inclusion difficile dans les jeux  

  

La question de l’inclusion de sportifs avec un handicap mental ou psychologique aux Jeux paralympiques n’est pas nouvelle. Alors que les premiers Jeux paralympiques ont eu lieu en à Rome en 1960, l’intégration de ces sportifs ne date que de 1996.  Elle a conduit à une première et seule édition d’hiver, en 1998 à Nagano.  

Deux ans plus tard, les Jeux olympiques de Sydney ont cependant conduit à un retour en arrière. En cause, l’équipe espagnole de basket-ball, dont 10 membres sur 12 avaient simulé leur déficience mentale. À la suite de cet évènement, les sportifs porteurs d’un handicap mental ou psychique ont de nouveau été écartés des Jeux, jusqu’à l’été 2012 à Londres où ils ont été réintégrés à la compétition. Cela n’a pas néanmoins pas été le cas pour les épreuves paralympiques d’hiver qui leur sont restées fermées jusqu’à aujourd’hui. 

« En 2030, les Alpes françaises doivent être le théâtre de ce retour historique », défend Marc Truffaut, président de la Fédération française du Sport adapté. La structure qu’il préside et Malakoff Humanis pointent une absence qui « prive des milliers de sportifs de haut niveau de la reconnaissance qu’ils méritent et contredit la promesse de Jeux "ouverts à tous" ». 

 


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Les championnats Virtus tenus sur les pistes françaises 

  

En plus de l’épisode de Sydney, un des arguments avancés pour justifier l’absence du handicap mental et psychique est celui de l’évaluation et de la classification des sportifs, plus complexe que dans le handisport pratiqué par des personnes avec un handicap physique ou sensoriel.  

Toutefois, cet argument se heurte à la réalité des compétitions actuelles, estiment Malakoff Humanis et la Fédération française du sport adapté. « Il n’existe aucun obstacle sportif, technique ou logistique à leur présence aux Jeux », argumentent les structures.  

« Les skieurs en para ski alpin et nordique adaptés concourent dans des disciplines classifiées, réglementées, déjà disputées en championnats du monde sur des pistes françaises homologuées par la Fédération internationale de ski », pointent-elles. Les deux organisations soulignent également l’utilisation des infrastructures de Tignes et Bessans lors des championnats du monde Virtus - des compétitions créées après Sydney en réponse à la mise à l’écart des sportifs avec une déficience intellectuelle - de para ski alpin et nordique adapté en 2025. 

Ces championnats « ont prouvé que les pistes françaises homologuées par la FIS (Fédération internationale du ski) sont parfaitement adaptées, sans aménagement spécifique nécessaire, pour les skieurs du sport adapté », appuient les deux organisations. « Il ne manque plus que la décision des instances internationales : la Fédération internationale du ski  et le Comité international paralympique », considèrent-t-elles. 

 


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Des athlètes peu représentés dans les JOP d’été 

  

Au-delà des jeux d’hiver, la Fédération française du sport adapté et Malakoff Humanis souhaitent voir les sportifs porteurs d’un handicap mental ou psychique davantage intégrés dans les compétitions olympiques. « Notre souhait serait aussi l’ouverture de catégories de handicap supplémentaires aux Jeux paralympiques d’été pour les sportifs porteurs de trisomie 21 et les autistes du sport adapté, ainsi que de nouvelles disciplines ou épreuves », explique Marc Truffaut.  

Les athlètes porteurs de handicap mental restent en effet peu représentés, même dans les compétitions où ils sont inclus. Lors des Jeux paralympiques d’été de Paris, par exemple, ils ne représentaient que 2 % des médailles remises, et ne pouvaient concourir que dans trois sports : l’athlétisme, la natation et le tennis de table. 

 

Élisabeth Crépin-Leblond 

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