Trois actifs sur dix déclarent connaître la RSE
Le sigle RSE, qui désigne les actions sociales et environnementales des entreprises, est méconnu d’après un sondage diffusé en mars. Peu d’actifs jugent que leur entreprise agit sur ces sujets. Moins d’un tiers envisage des changements importants liés aux enjeux écologiques et sociaux dans leur entreprise dans les cinq ans à venir.
La RSE, pour « responsabilité sociétale des entreprises », désigne les actions qu’elles mettent en œuvre sur les questions sociales et environnementales. Ce sigle reste méconnu, d’après un sondage réalisé auprès de 1 090 actifs (salariés du secteur privé et public, mais aussi indépendants) par la chaire « Impact positif » de l’école de commerce Audencia avec L’Obsoco, et diffusé le 19 mars.
Quatre répondants sur dix (43 %) déclarent n’avoir jamais entendu parler de la RSE. Deux sur dix (22 %) en ont entendu parler sans savoir précisément de quoi il s’agit. Un peu plus de trois sur dix (35 %) en ont une « idée générale » (22 %), une « bonne connaissance » (11 %) ou une « expertise approfondie » (2 %). Les jeunes et les cadres « sont les plus connaisseurs », précisent les auteurs, puisque 42 % des 18-24 ans, 43 % des 25-34 ans et 57 % des cadres managers connaissent la RSE.
« Les collaborateurs disposent en réalité d’une connaissance et d’une familiarité » avec les engagements sociaux et environnementaux de leur entreprise, sans pour autant connaître le sigle, tempèrent cependant les auteurs. Ils s’appuient sur « de précédentes études qualitatives menées auprès de salariés » par la chaire pour arriver à cette conclusion.

Les salariés prévoient peu de changements
Quand il s’agit d’évaluer l’action de leur entreprise, seuls 13 % des salariés estiment qu’elle a « fortement » intégré les enjeux sociaux et environnementaux. La part de répondants qui le pensent « s’améliore néanmoins avec la taille de l’entreprise et la familiarité avec la RSE », soulignent les auteurs.
Dans les cinq prochaines années, 28 % des répondants anticipent des « changements importants » dans leur entreprise « du fait de l’intégration des enjeux écologiques et sociétaux dans leur activité ». 32 % prévoient des changements mineurs, 31 % aucun changement, tandis que 9 % estiment que leur entreprise a déjà intégré ces questions.
Peu de répondants jugent que l’impact de la transition sera fort sur le modèle économique de l’entreprise (17 %), la manière de travailler au sein de l’entreprise (17 %) ou leur métier (16 %). En revanche, la conviction que les sujets écologiques et sociaux conduiront à des changements importants est plus marquée chez les actifs ayant une bonne connaissance de la RSE (44 %).
La primauté de la performance économique perçue comme un frein
En ce qui concerne les aspirations des salariés, trois sur dix sont réfractaires à s’engager « en faveur des transitions écologiques et sociales au sein de l’entreprise », soit par ce qu’ils n’en voient pas l’intérêt (19 %) soit parce qu’ils ne souhaitent pas s’investir (11 %). Quatre sur dix sont sensibilisés à ces sujets, et souhaitent s’engager (14 %) ou se sentent démunis « face à la situation » (24 %). 17 % sont déjà engagés. Les autres se déclarent non concernés.
Un tiers des salariés estiment que leur entreprise accompagne « bien » les collaborateurs dans la transition, un tiers ne se prononce pas. La part de salariés engagés dans les transitions « grimpe » dans les entreprises « où l’accompagnement des collaborateurs est “très bien” », insistent les auteurs.
Ils ont également interrogé les actifs sur leur perception des freins à l’action sociale et environnementale pour les entreprises. Le coût et la primauté à la performance économique est le premier obstacle cité par les répondants (37 % jugent qu’ils s’agit de l’un des principaux freins). Le défaut de connaissance des enjeux (32%) et le manque d’engagement de la direction ou l’inertie (31 %) sont les autres freins les plus cités.
Célia Szymczak 