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Par Carenews INFO - Publié le 24 mars 2026 - 09:00 - Mise à jour le 24 mars 2026 - 09:00 - Ecrit par : Célia Szymczak
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Plus d’un million de salariés travaillent dans des sociétés à mission

Le 9e Baromètre des sociétés à mission a été rendu public le 24 mars. Le nombre d’entreprises qui adoptent cette qualité, créée en 2019 pour structurer leurs engagements sociaux et environnementaux, continue de croître, en particulier dans certains secteurs et dans les entreprises de plus grande taille.

La qualité de société à mission existe depuis 2019. Crédit : Carenews.
La qualité de société à mission existe depuis 2019. Crédit : Carenews.

 

En France, 2 411 « sociétés à mission» sont actives. Ces entreprises inscrivent dans leur statut une «raison d’être » et des objectifs sociaux ou environnementaux associés. L’Observatoire des sociétés à mission, une plateforme développée par la Communauté des entreprises à mission et des chercheurs de Mines Paris-PSL, a révélé le 24 mars les résultats de son 9e baromètre. « Le cap des 2 400 sociétés à mission confirme que le modèle n’est plus une expérimentation, mais une transformation en profondeur de l’entreprise française », aux yeux d’Hélène Bernicot, co-présidente de la Communauté des entreprises à mission, par ailleurs directrice générale du Crédit mutuel Arkea. En tout, 1 106 000 salariés « au moins » travaillent dans une société à mission, dont environ 900 000 en France. Cela représente environ 3 % des emplois salariés dans le pays. 

15 % des sociétés à mission, soit 370 entreprises, ont adopté cette qualité au cours de l’année 2025, contre 21 % en 2024 et 2023. « La dynamique d’adoption se poursuit au même rythme que les années précédentes », assurent toutefois les auteurs du baromètre. En effet, pour recenser les sociétés, ils utilisent la date de l’assemblée générale d’inscription de la mission dans les statuts et non la validation par un greffe de tribunal de commerce. « Le stock 2025 continuera d’évoluer au gré des dépôts des statuts des entreprises au cours du 1er semestre », indiquent-ils.  

 

Les chiffres du baromètre des sociétés à mission
Crédit : Carenews, à partir des données du baromètre. 

 


Lire également : Entreprises « à mission » : vrai levier d’engagement ou outil de greenwashing ? 


Une sur-représentation de certains secteurs

 

878 entreprises, soit 36 % des sociétés à mission, ont intégré une mission dans leurs statuts dès leur création. Pour autant, les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) sont sur-représentées parmi les sociétés à mission par rapport à l’ensemble de l’économie française. En effet, 4,74 % sont des grandes entreprises, contre 0,85 % dans l’ensemble des entreprises, tandis que 11,96 % sont des ETI, contre 2,26 % dans l’ensemble. 83,30 % sont des PME, contre 96,89 % dans l’ensemble.  

Les « activités spécialisées, scientifiques et techniques » constituent le secteur le plus représenté parmi les sociétés à mission, avec 875 entités. 466 cabinets de conseils et 109 bureaux d’étude, en particulier, composent cette catégorie. Le deuxième secteur le plus présent est l’information et la communication (356 entités). Ces deux secteurs sont sur-représentés par rapport à l’ensemble de l’économie.  

En proportion de salariés concernés, les trois principaux secteurs sont la production d’électricité, de gaz et de vapeur (21 % des salariés de ce secteur travaillent pour une société à mission), le transport et l’entreposage (19 %), puis la santé humaine et l’action sociale (17 %).  

Des retraits de mission en faveur d'autres « engagements »

 

Depuis 2019, année de création de la qualité, 4 % des entreprises l’ayant adoptée ont été radiées (soit 112 entreprises) et 3 % l’ont retirée de leur statut (soit 73). En moyenne dans ce cas, la mission disparaît au bout de 28 mois. Les auteurs du baromètre ont identifié « les motivations de ce choix pour environ la moitié d’entre elles ».  

Pour un tiers de cet échantillon, le retrait de la mission s’explique par des « stratégies internes avec des fusions de filiale ou des transferts de la mission de la maison-mère vers une filiale ou inversement ». « D’autres ont fait ce choix pour se concentrer sur d’autres formes d’engagements ». C’est le cas, par exemple, de Léa Nature, l’entreprise fabricant des produits bio. Elle a choisi d’abandonner la qualité de société à mission, tout en décidant que la majorité du capital de l’entreprise reviendrait à terme à un fonds de dotation, une organisation sans but lucratif. Par ailleurs, des PME ont renoncé à la mission pour adopter des modèles de l’économie sociale et solidaire, caractérisés par une lucrativité limitée et une gouvernance plus démocratique. 

Enfin, « un changement de gouvernance » ou « une recherche de simplification quand la mission est vue comme une contrainte administrative » ou « financière », expliquent dans certains cas les abandons de mission.  

Une surperformance sociale et environnementale ? 

12 sociétés à mission sont des mutuelles et 29 sont des coopératives. Au total, 214 appartiennent à l’économie sociale et solidaire.  

Dans certains référentiels certifiant les pratiques sociales et environnementales des entreprises, comme Ecovadis, « les sociétés à mission affichent des niveaux de performance supérieurs à la moyenne. Gouvernance, engagement des parties prenantes, maturité environnementale et sociale : les écarts sont tangibles et traduisent des stratégies efficaces et cohérentes », assurent par ailleurs Hélène Bernicot et Guillaume Desnoes, co-présidents de la Communauté des entreprises à mission, cités dans le baromètre. 

 

Célia Szymczak 

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