Plans climat-air-énergie territoriaux : où en est la transition écologique à l’échelle des territoires ?
Dix ans après la mise en place des plans climat-air-énergie territoriaux, les Intercommunalités de France dressent le bilan. Même si l’organisation note que l'outil est « perçu comme un facilitateur de la transition », elle ajoute que l’accompagnement des territoires reste primordial.
La lutte contre le changement climatique se déroule aussi à l’échelle locale. C’est ce que rappellent les Intercommunalités de France dans un document publié le 6 mars. L’association fait le bilan des plans climat-air-énergie territoriaux (PCAET) mis en place en 2015. Le PCAET est un outil « de planification pour la transition écologique sur un territoire, élaboré pour une durée de 6 ans » via « une véritable stratégie d’action », explique l’organisation.
Pour rappel, une intercommunalité est une structure qui regroupe plusieurs communes pour gérer ensemble des compétences et services (urbanisme, les transports etc.) L’établissement public de coopération intercommunale (EPCI) en est un exemple.
L’importance de l’accompagnement
Alors, qu’en est-il une dizaine d’années plus tard ? Les données étudiées montrent qu’en 2025, plus de 54 % des intercommunalités sont dans la seconde moitié de la période d’exécution de leur PCAET.
L'instauration d’un PCAET était obligatoire dès 2015 pour les EPCI à fiscalité propre existant au 1er janvier 2015 et regroupant plus de 50 000 habitants. Elle l'était également pour les EPCI de plus de 20 000 habitants, dans les deux ans suivant leur création ou le dépassement de ce seuil.
Parmi les EPCI concernés, 97 % ont un PCAET, approuvé ou en cours d’élaboration. Pour autant, 27 % de ces derniers ont seulement commencé leur plan, ce qui montre que l’accompagnement reste un enjeu pour ces territoires, selon l’étude.
Une échelle locale dynamique en matière de transition
Le rôle de ces plans au sein des politiques de transition de l’intercommunalité est aussi étudié : « on comptait 104 actions finalisées sur le mandat 2014-2020. Depuis 2020, ce sont déjà 338 actions qui ont été lancées, et 171 finalisées. » Et « il ressort [...] des verbatims de cette enquête que le PCAET est perçu comme un facilitateur de la transition. »
Par exemple, dans la communauté d’agglomération Mulhouse Alsace Agglomération, le PCAET a bénéficié d’un investissement de 10 millions d’euros au cours du mandat, destiné aux communes membres. Dans la communauté de communes Terres d’Argentan, le PCAET constitue quant à lui un outil central pour atteindre un territoire 100 % renouvelable d’ici 2048, en intégrant des enjeux d’aménagement et de gestion de l’eau.
Plus largement, l’étude constate une certaine dynamique en matière de transition à l’échelle locale : plus d’un tiers des intentions d’investissement des communes et des EPCI sont jugées favorables à l’atténuation du changement climatique, passant de 33 % en 2024 à 35 % en 2025.
Léanna Voegeli 