Nuit de la solidarité 2026 : 4 940 personnes sans-abri recensées
La Nuit de la solidarité s’est déroulée en janvier dans la capitale et dans 33 communes de la métropole du Grand Paris. Cette démarche a pour objectif de comptabiliser les personnes sans solution d’hébergement une nuit donnée. Les premières estimations nous apprennent que dans la capitale, 17 % des personnes sans domicile fixe ont plus de 55 ans.
3 857 personnes sans-abri comptabilisées à Paris et 1 083 dans 33 communes de la métropole du Grand Paris dans la nuit du 22 au 23 janvier. Cette première estimation est le fruit du travail de 2 000 volontaires parisiens (1 500 citoyens et 500 professionnels) et de 2 200 bénévoles métropolitains. Ces derniers sont allés à la rencontre de personnes sans-abri lors de la 9e édition de la Nuit de la solidarité.
Ce décompte, qui repose sur un questionnaire anonyme rempli par chaque personne sans logement rencontrée, est réalisé tous les ans depuis 2022. Les organisateurs soulignent que l’objectif est de mieux connaître « les besoins des publics sans solution d’hébergement, afin de pouvoir adapter les politiques publiques en réponse ».
11 % de femmes en situation de rue dans la capitale
À Paris 350 personnes sans-abri supplémentaires ont été recensées par rapport à 2025. Cette hausse, l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (Uncass) l’explique « principalement par l’augmentation du nombre de personnes vivant en campement de plus de 20 personnes. En effet près d’une personne sur cinq (721) a été rencontré dans un groupe de 20 personnes ou plus (>174 en 2025). » Pour l’année 2025, 7 campements étaient identifiés à Paris, contre 16 cette année.
La proportion de femmes sans-abri atteint 11 % en janvier 2026, contre 14 % un an plus tôt. Les auteurs de l'étude notent un lien possible avec les mises à l’abri effectuées lors des jours précédents la Nuit de la solidarité en raison du plan Grand froid. Ils réfèrent aussi cette baisse à des dispositifs spéciaux ouverts par la ville de Paris. Par ailleurs, les profils comptent 10 % d’adultes entre 18 et 24 ans, 73 % entre 25 et 54 ans et 17 % de 55 ans et plus. 78 enfants ont également été comptabilisés (majoritairement en famille).
70 % des personnes ont été rencontrées dans les rues de Paris mais aussi dans des secteurs spécifiques couverts par des équipes de professionnels. Ces lieux comprennent entre autres les talus du périphérique, dans des campements et dans des parcs et jardins (400 personnes, soit +64 par rapport à 2025), les bois de Boulogne et de Vincennes (233 personnes, soit +43), ou encore les stations de métro et de RER de la RATP (210 personnes, soit +42). Les gares de la SNCF en font aussi partie pour 171 personnes (-29).
528 personnes sans-abri dénombrées à Saint-Denis et Saint-Ouen
« Comme pour chaque édition, ce premier résultat, faisant état de 3 857 personnes [à Paris] sans hébergement, n’intègre pas le nombre de personnes mises à l’abri dans le cadre de l’offre d’hébergement d’urgence qui relève de la compétence de l’Etat », explique l’Unccas dans un communiqué.
En ce qui concerne les 33 communes de la métropole du Grand Paris, une hausse de 32 % du nombre de personnes sans-abri a été observée (+248 personnes). Epinay-sur-Seine et Noisy-le-Grand ont expérimenté la méthode pour la première fois. Dans ces communes, 60 % des personnes ont été rencontrées dans les rues et 40 % dans des secteurs spécifiques : des campements et installations le long de l’autoroute A86, les salles d’attente de trois hôpitaux ou encore des parkings souterrains privés couverts le soir de l’opération.
Dans la commune nouvelle de Saint-Denis ainsi qu’à Saint-Ouen, plus de 100 personnes ont été décomptées. La première ville a comptabilisé 395 personnes sans-abri dont 254 en groupes de 20 personnes ou plus, contre 203 en janvier 2025. 133 personnes ont été observées dans la seconde, dont 100 dans un campement. Elles étaient 22 en 2025.
Entre 50 et 100 personnes sans-abri ont été décomptées à Bobigny (87 personnes, dont 20 dans un campement), Pantin (72, dont 47 dans un campement) et Noisy-le-Grand (55, dont 23 personnes dans un campement).
« Les résultats de cette nouvelle Nuit de la solidarité nous obligent collectivement. La hausse continue du nombre de personnes sans-abri n’est pas une fatalité, elle est le reflet de crises multiples, mais aussi d’un déficit persistant de réponses à la hauteur des besoins », a commenté Luc Carvounas, maire d’Alfortville et président de l’Unccas.
Léanna Voegeli 