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Par Carenews INFO - Publié le 4 mars 2026 - 10:35 - Mise à jour le 4 mars 2026 - 11:56 - Ecrit par : Elisabeth Crépin-Leblond
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Les femmes gagnent en moyenne 14 % de moins que les hommes pour le même temps de travail, selon l’Insee

À temps de travail identique, le salaire moyen des femmes était inférieur de 14 % à celui des hommes en 2024, rapporte l’Insee dans un focus publié le 26 février. Cet écart s’explique en partie par « une répartition genrée des professions » et des postes, défavorable financièrement aux femmes. Il s’accentue avec l’âge et le nombre d’enfants.

Pour le même emploi exercé dans le même établissement, l’écart de salaire net en équivalent temps plein diminue encore mais persiste à 3,6 %. Crédit : Carenews
Pour le même emploi exercé dans le même établissement, l’écart de salaire net en équivalent temps plein diminue encore mais persiste à 3,6 %. Crédit : Carenews

 

Les inégalités salariales évoluent-elles ? En 2024, le revenu salarial moyen des femmes était inférieur de 21,8 % à celui des hommes dans le secteur privé (hors salariés agricoles et salariés des particuliers employeurs) en France hors Mayotte, rapporte l’Insee dans un focus publiée le 26 février. Il s’établissait à 28 220 euros net pour les hommes et 22 060 euros net pour les femmes. Cet écart s’explique « en partie par le moindre volume de travail annuel des femmes, qui sont à la fois le moins souvent en emploi au cours de l’année et davantage à temps partiel », selon l’Institut national de la statistique et des études.

 


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À temps de travail identique, les inégalités se réduisent mais persistent cependant. Dans ce cas de figure, le salaire moyen des femmes est inférieur à 14 % à celui des hommes. Enfin, pour le même emploi exercé dans le même établissement, l’écart de salaire net en équivalent temps plein diminue encore mais persiste à 3,6 %

 

Infographie écarts de salaire femmes hommes Insee
Crédit : Carenews

  

Une « répartition genrée » des professions défavorable financièrement aux femmes 

  

« Les différences de salaires s’expliquent également par la répartition genrée des professions : les femmes n’occupent pas les mêmes emplois et ne travaillent pas dans les mêmes secteurs que les hommes », pointe l’Insee.  

Ainsi, cinq professions sont communes aux vingt les plus courantes chez les femmes (représentant environ 37 % de l’emploi des femmes) et chez les hommes (représentant 30 % de leur emploi). Là où les femmes sont plus souvent secrétaires, aides-soignantes, infirmières ou cadres spécialistes des ressources humaines et du recrutement, les hommes sont plus souvent conducteurs routiers, conducteurs livreurs ou ingénieurs et cadres d’étude, recherche et développement en informatique. « Les femmes sont particulièrement sous-représentées dans certains secteurs d’activité, comme la construction ou les transports : elles ne représentent par exemple que 0,6 % des maçons qualifiés et 3,2 % des conducteurs routiers. À l’inverse, seulement 4,7 % des secrétaires sont des hommes », relève l’Insee. 

Selon l’Insee, « cette ségrégation professionnelle explique l’essentiel des 13 % de différence de salaire en EQTP [équivalent temps plein] entre femmes et hommes ».  

 

La part des femmes diminue au fil de l’échelle salariale 

  

La « ségrégation professionnelle » s’applique également au sein des secteurs où les postes les mieux rémunérés sont davantage occupés par des hommes. « Par exemple, les postes de cadres dirigeants des grandes entreprises sont occupés à moins d’un tiers par les femmes », indique l’Insee. 

 


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Cet écart s’observe sur l’échelle salariale, où la part des femmes diminuent au fur et à mesure que les salaires augmentent. Alors que les femmes occupent 42 % des emplois en EQTP du secteur privé, elles sont ainsi davantage représentées parmi les salariés à bas salaire. Elles constituent 54 % des salariés ayant des niveaux de salaire autour de 1 430 euros net mensuels.  

Cette proportion « diminue ensuite à mesure que l’on s’élève dans la distribution des salaires », relève l’Insee. Au niveau du 9e décile, où les salaires sont autour de 4 334 euros nets, les femmes représentent 34 % des effectifs. Au-dessus du 99e décile, c’est-à-dire parmi le 1 % de salariés les mieux rémunérés (autour de 10 261 euros nets), leur part n’est plus que de 24 %.  

  

Un écart de salaire qui se creuse avec l’âge et les enfants 

  

Cet écart de salaire entre les femmes et les hommes se creusent par ailleurs avec le nombre d’enfants. En 2022, il est en moyenne de 5,8 % parmi les salariés du privé n’ayant pas d’enfant, mais atteint 28,2 % entre les mères et les pères de trois enfants ou plus. « Ces différences proviennent à la fois de la baisse de salaire observée après la naissance mais aussi des carrières durablement ralenties des mères », analyse l’Insee.  

 


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Les différences de volume de travail entre les femmes et les hommes sont aussi plus marquées pour les salariés parents. « Au total, la combinaison des écarts de salaire net en EQTP et de volume de travail conduit à un revenu salarial plus faible de 29,9 % pour les mères par rapport aux pères. Cet écart culmine à 40,9 % pour les parents de trois enfants ou plus », rapporte l’Insee.  

Avec l’âge, la différence de salaire entre les femmes et les hommes est également accentuée. En effet, si en 2024, la différence de salaire net en EQTP entre les femmes et les hommes travaillant dans le secteur privé est de 13 %, cet écart s’élève à 3,2 % parmi les salariés de moins de 25 ans et atteint 24,1 % parmi ceux âgés de 60 ans ou plus.  

« À l’inverse, les différences de temps de travail sont plus élevées pour les moins de 25 ans : les jeunes femmes ont un volume de travail annuel moyen inférieur de 15,8 % à celui des jeunes hommes. Cela s’explique notamment par une insertion un peu plus tardive sur le marché du travail des femmes, car elles sont en moyenne plus diplômées que les hommes », relève l’Insee.  

  

Des inégalités en baisse depuis 30 ans

Depuis 1995, les inégalités salariales ont réduit d’un tiers. « La diminution des écarts de volume de travail d’une part, celle des écarts de salaire en équivalent temps plein (EQPT) d’autre part ont contribué de concert à cette baisse », analyse l’Insee. À temps de travail égal, l’écart de salaire est passé de 22,1 % en 1995 à 14 % en 2024.

Cette baisse était toutefois plus modérée en 2024 que les années précédentes. En effet, l’écart de revenu salarial s’est réduit de 0,4 point en 2024, contre – 0,9 point par an en moyenne entre 2019 et 2023. Cette baisse reste « sur le même rythme que la moyenne des trois dernières décennies », indique l’Insee.

 

 

Élisabeth Crépin-Leblond 

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